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Archives News Juridica
L’actualité juridique du mois - octobre
RC décennale : action récursoire de l’assureur en recouvrement des franchises contractuelles
dues par l’assurée, entreprise d’exécution
Faits, procédure, moyens et prétentions des parties
L’entreprise de BTP OCE a souscrit une police d’assurance couvrant
sa responsabilité civile décennale auprès de la compagnie
d’assurances LA ZURICH, selon un contrat en date du 15 juin 1989. Ce
même contrat prévoyait une franchise.
Par suite, le Tribunal de Commerce de FREJUS a ouvert une procédure
de redressement judiciaire au bénéfice de la dite société et adopté
un plan de redressement par continuation. Depuis la société OCE est
devenue la SA STORUS.
L’assureur ayant indemnisé divers désordres affectant des immeubles
édifiés par la société assigne l’assuré en paiement de la franchise
prévue au contrat d’assurance. Le tribunal de commerce d’ANTIBES
condamne notamment la société à payer à la compagnie la somme
due. La SA STORUS fait valoir pour l’essentiel qu’au titre de
l’article L. 621-43 du Code du commerce doivent être déclarées
toutes les créances antérieures au jugement d’ouverture, dans ces
conditions les créances de franchises litigieuses sont éteintes.
L’assureur, quant à lui, demande à la Cour de considérer que toutes
les déclarations de sinistre sont antérieures à l’ouverture de la
procédure collective à l’encontre de la SA STORUS et qu’il ne peut
être fait grief à la compagnie de n’avoir pas déclaré, lors de la
procédure collective, les créances que la société invoque puisque
celles-ci n’existaient pas.
La Cour d’appel, le 10 novembre 2006,
condamne la société à payer à l’assureur la somme due au titre de la
franchise prévue par le contrat d’assurance au motif que la créance
indemnitaire fondée sur le contrat d’assurance ne naît que de la
réalisation de l’aléa assuré, qu’à la date du jugement d’ouverture
l’assureur n’avait pas la qualité de créancier puisque sa créance,
bien qu’elle trouve sa source dans le contrat d’assurance, n’était
pas encore née, l’aléa ne s’étant pas concrétisé, la déclaration de
sinistre du maître de l’ouvrage étant postérieure au jugement
d’ouverture.
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Octobre 2008 - M.B..
L’actualité juridique du mois - septembre
L’indépendance de l’expert, mythe ou réalité ?
A la suite de fissures apparues sur les murs de son domicile, le
propriétaire adresse à son assureur une déclaration de sinistre, au
titre de sa MRH. Ce dernier missionne un expert, lequel établit que
la cause du sinistre provient d’une dessiccation des sols
consécutive à une période de sécheresse. L’assureur prend ensuite en
charge le montant des travaux préconisés par l’expert.
Les réparations effectuées, le propriétaire revend cet immeuble.
Après la prise de possession, les acquéreurs constatent de nouvelles
fissurations. Ils sollicitent alors la désignation d’un expert
judiciaire en référé et assignent l’expert d’assureur, la compagnie
d’assurances ainsi que le vendeur afin d’obtenir leur condamnation
in solidum à la réparation de leur préjudice. ...
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Septembre 2008 - I. Z.
L’actualité juridique du mois - août
L’obligation de mise en garde en matière d’assurance
L'obligation de mise en garde, née en matière de crédit
bancaire, étendue aux prestataires de services d'investissement, à
l'assurance emprunteur, puis au mandat, est vraisemblablement
appelée à un avenir en expansion.
Dans le domaine de l'assurance, cette obligation a déjà été
expressément mise à la charge des établissements de crédit pour les
contrats d'assurance emprunteurs, si les garanties se
trouvent inadaptées aux besoins des assurés.
Si cette obligation semble trouver un fondement légal au regard tant
de l’article L. 520-1 du Code des assurances que des
dispositions de l’article 1602 du Code civil au terme
desquelles le vendeur « doit expliquer clairement ce à quoi il
s’oblige », la loi n’envisage pas explicitement l’information des
risques à garantir en matière d’assurance connexe à un prêt.
C’est pourquoi, la jurisprudence a créé de toutes pièces,
para legem, une nouvelle obligation à la charge des professionnels,
dont on peut néanmoins saluer l'opportunité pour des contrats
complexes comme le sont tous les contrats d'assurance.
Dès lors, il convient de faire le point sur l’objet de cette
obligation (1) ainsi que sur son régime et les conséquences de son
inexécution (2).
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Août 2008 - I. Z.
L’actualité juridique du mois - juillet
Information précontractuelle et étendu de la garantie : quels
risques l'assureur entend-il couvrir ?
La Cour de cassation vient de revenir sur une notion élémentaire
en droit des assurances : celle du droit à l'assurance, c'est-à-dire
le risque que l'assureur entend couvrir, après examen de la
proposition d'assurance, à lui soumise par l'assuré.
Deux enfant provoquent un incendie des ouvrages d'exploitation
agricole et d'habitation de leur grand-père. Le père des enfants,
responsable sur le fondement de l'article 1384 du Code Civil (en
vertu duquel "On est responsable non seulement du dommage que
l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé
par le fait des personnes dont on doit répondre..."), appelle en
garantie la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires (GMF), assureur de
responsabilité. La GMF refuse la prise en charge de ce sinistre,
visant pour ce faire l'article I-3 des conditions générales, selon
lequel la garantie s'applique aux conséquences de la responsabilité
pour des dommages causés à toute personne autre que l'assuré, "ses
ascendants, descendants et leurs conjoints".
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juillet 2008 - E. M.
L’actualité juridique du mois - juin
Zoom sur le
principe indemnitaire en réparation d’un préjudice causé par un
tiers
Les difficultés, que vient de rencontrer l’un de nos mandants
concernant l’évaluation de l’indemnisation de son véhicule endommagé à
la suite d’un accident causé par un tiers, illustrent de façon
pertinente une réalité récurrente dans le domaine des assurances. En
l’espèce, les faits sont les suivants :
- Propriétaire d’un véhicule de marque Renault âgé de dix ans et
établissant 130 000 km au compteur1, notre mandant est
heurté au niveau de la partie latérale gauche de son automobile, et
ce par un véhicule tiers lequel quittait un stationnement, en
reculant.
- Ce véhicule est côté 2000 euros mais est en parfait état,
toujours entretenu par le même concessionnaire de la marque, son
propriétaire étant particulièrement minutieux et très attaché à son
véhicule, au demeurant « roulant » puisque aucune pièce essentielle
n’a été endommagée par le véhicule du tiers « heurteur », lequel est
responsable en fait et en droit de ce sinistre.
- Le montant de la réparation s’élève à 2 770 euros, dont 1872
euros de pièces de marque Renault.
- L’expert mandaté par l’assureur de notre mandant va ignorer le
courant jurisprudentiel, pourtant bien établi, lequel condamne la
prise en compte de la vétusté et impose le principe de la réparation
intégrale du véhicule accidenté si la victime le sollicite. C’est la
solution que nous préconisons sans réserve.
Commentaires
De nombreux auteurs2 considèrent comme nous que la victime
a droit au coût de la réparation alors même qu’il excèderait le prix de
l’occasion. C’est, du reste, cette thèse que nous opposons à l’assureur
de notre mandant afin qu’il soit intégralement rembours des réparations
évaluées par l’expert, nonobstant la valeur vénale de son véhicule
Renault âgé de dix ans.
Cela étant, l’application du principe indemnitaire génère
un conflit de règles de droit. En effet, l’article 1382 du Code
civil, relatif à la responsabilité civile délictuelle, oblige
celui qui a causé un préjudice à le réparer.
Autrement dit, l’assureur du tiers fautif doit indemniser la victime
de telle sorte que ce dernier puisse se retrouver dans une
situation identique à celle qu’elle connaissait avant le sinistre.
Pour autant, la réparation de ce préjudice doit se réaliser sans
qu’il en résulte pour la victime ni perte ni profit.
Dès lors, l’application d’un abattement destiné à tenir compte
de la vétusté du bien endommagé ou détruit heurte le principe de
la réparation intégrale, parce qu’elle laisse subsister une perte au
détriment de la victime3. Lotie d’une indemnité ne
lui permettant pas de procéder aux réparations nécessaires, la
victime ne peut alors recouvrer l’usage de la chose dont elle a été
privée, telle qu’elle existait au moment de la survenance du
dommage.
Reste que la réparation du bien endommagé s’effectuant
fatalement à neuf, l’assuré bénéficie d’un enrichissement de fait
puisque cette opération se soldera par une plus-value.
Dans ce contexte, la jurisprudence tend à résoudre ce conflit de
règles de droit relatives, d’une part, à la réparation intégrale du
dommage et, d’autre part, à la prohibition de l’enrichissement sans
cause en évinçant les secondes au profit des premières4.
Encore faut-il que l’assuré entende procéder à la réparation du bien
endommagé5.
1 Ces éléments ont été volontairement
modifiés au regard du respect de l’anonymat de notre mandant.
2 V. notamment Lamy Assurances 2008, n°2688, p. 1078.
3 V. notamment A. HONTEBEYRIE, « Un cas d’enrichissement dans
la responsabilité civile délictuelle : à propos de la vétusté dans
l’évaluation du dommage aux biens », Dalloz, 2007, p. 675 et s.
4 Civ. 2ème 8 mars 2006, Rsp. Civ. Et ass. 2006, comm. 159,
note S. Hocquet-Berg.
5 Civ. 2ème, 5 juillet 2001, Bull. Civ. II, n°135.
juin 2008 - G.S / I. Z.
L’actualité juridique du mois - mai
Une information marquante sur l’évolution du droit des assurances.
La protection de l’assuré renforcée dans le cadre des contrats
d’assurance-vie
Les contrats d’assurance-vie font l’objet d’une attention toute
particulière par le droit positif ; en effet, le législateur œuvre
depuis 2002, tant sur le plan européen que sur le plan national, et
la jurisprudence est particulièrement dense en la matière. Pour
mémoire, on se contentera de rappeler que la Cour de cassation a
enfin mis fin au débat relatif à la requalification des
contrats d’épargne assurance en refusant de les considérer
comme contrats de capitalisation.
Cela étant, la loi n°2007-1775 du 17 décembre 2007
facilite, notamment, la recherche des bénéficiaires
de contrats d’assurance-vie (1) et réforme
l’acceptation du bénéfice, transformant ainsi en profondeur le
mécanisme initial : la stipulation pour autrui (2).
- La recherche des bénéficiaires de
contrats d’assurance-vie facilitée
S’il a été largement initié par la loi DDAC du 15 décembre
2005 (n°2005-1564), le dispositif légal relatif aux contrats non
réclamés a été complété par la loi du 17 décembre 2007.
Si antérieurement à cette loi l’assureur avait l’obligation de
répondre à une demande d’information émanant d’une personne qui
pensait être bénéficiaire du contrat (article L. 132-9-2 du Code
des assurances), il est désormais tenu de rechercher de
manière effective ce bénéficiaire (article L. 132-8 du
Code des assurances). Pour autant, il ne s’agit que d’une obligation
de moyens puisque nul ne saurait être tenu à
l’impossible.
Pour exécuter cette obligation, l’assureur a accès aux données
du répertoire national d’identification des personnes physiques
(RNIPP).
Si seule cette question était initialement envisagée, le
législateur a transformé profondément l’acceptation du bénéfice
de l’assurance.
- L’acceptation du bénéfice de
l’assurance transformée
Il convient, au préalable, de rappeler brièvement en quoi
consiste une stipulation pour autrui puisque le
contrat d’assurance vie repose initialement sur ce mécanisme :
dans le contrat conclu entre deux personnes, le stipulant et le
promettant, ce dernier s’engage au profit, non du seul stipulant
mais d’un tiers, qu’on appelle tiers bénéficiaire, lequel
devient directement créancier du promettant.
La loi du 17 décembre 2007 modifie en profondeur ce dispositif
puisque désormais le stipulant doit donner son consentement
à l’acceptation du bénéficiaire – il dispose à cet
égard d’un délai de réflexion de 30 jours), par voie
d’avenant signé du stipulant, du bénéficiaire et de
l’assureur ou par acte authentique ou seing privé
signé par le stipulant et le bénéficiaire et notifiée par écrit à
l’assureur afin de lui être opposable (article L. 132-9 du Code des
assurances).
Le contrat d’assurance-vie devient davantage un produit
d’épargne, le stipulant étant ainsi protégé contre une
acceptation inopportune l’empêchant notamment d’exercer des rachats.
Ces modifications ont également pour objectif d’organiser une
meilleure information entre les acteurs.
Si le rachat n’est pas, stricto sensu, équivalent à la révocation,
reste que le principe même de la stipulation pour autrui se
révèle altéré.
Après l’acceptation du bénéficiaire dans les conditions
susmentionnées, le rachat est subordonné à son consentement.
Enfin, il convient de préciser que le devoir d’information qui pèse
sur l’assureur, notamment en ce qui concerne la revalorisation des
valeurs de rachats, a été accru par application des dispositions de
l’article L. 132-5 du Code des assurances.
En tout état de cause, la réforme opérée par la loi du 17
décembre 2007 est moins anodine qu’il n’y paraît ; elle confirme que
le droit des assurances est un droit spécial au regard de la théorie
générale des obligations.
mai 2008 - I. Z.
L’actualité juridique du mois - avril
L’action de in rem verso
L'hypothèse est fort simple : un
assureur indemnise son assuré à raison d'un dommage qui a atteint un
bien assuré, en pensant que l'origine de ce dommage correspond à un
risque garanti (fissures d'une maison, dont la cause présumée est
une sécheresse naturelle) ; par suite, une expertise montre que ce
désordre résulte d'une malfaçon imputable au constructeur ;
l'assureur de choses n'était donc pas tenu par son contrat
d'assurance ; il a certes payé à un véritable créancier, son assuré,
mais il a payé la dette d'autrui, le constructeur responsable du
dommage. La subrogation légale étant inapplicable puisqu'il n'était
pas tenu par le contrat d'assurance, et ne disposant pas d'une
subrogation conventionnelle, il ne peut agir contre le responsable
en tant que subrogé. La Cour de cassation admet cependant son
recours : « en application du principe général du droit selon lequel
nul ne peut s'enrichir injustement aux dépens d'autrui, celui qui,
par erreur, a payé la dette d'autrui de ses propres deniers, a, bien
que non subrogé aux droits du créancier, un recours contre le
débiteur » (Cass. 1re civ., 4 avril 2001, n° 98-13.285, Règlement de
comptes entre assureurs, Resp. civ. et assur. 2001, chr.,
n° 15, Groutel H.).
avril 2008 - I. Z.
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